Pain perdu de Grand-mère
Qu'il est bon parfois de retomber en enfance, et de partager avec nos propres enfants, les souvenirs des bonnes choses faites par nos grand-mères. Pour moi, c'est le cas du pain perdu.
Petite, je passais la plus part de mes vacances à la campagne chez mon arrière grand-mère.
Comme vous pouvez l'imaginer, mon arrière grand-mère était d'une époque où on trouvait autant que possible, un moyen de ne pas gaspiller ou jeter inutilement les choses.
On recyclait bien avant l'heure, on reprisait, on récupérait... Nous étions loin de notre société de consommation actuelle ou de nos grandes villes, où le crédo n'est plus de récupérer (sauf pour le recyclage écologique), mais de consommer. Tout est jetable, à changer car passé...
A la campagne, la pain était (et reste même parfois) d'une grande importance. Alors pas question de le laisser perdre, et quoi de mieux que d'utiliser les ingrédients faciles à trouver dans une ferme, comme le lait et les oeufs pour préparer un plat bien complet ou un dessert ?
Ce qui est amusant, c'est que cette tradition de récupérer le pain rassi, n'est pas l'apanage d'une région particulière ou même de notre hexagone.
Le pain perdu devient "dorée" dans le Périgord, "pain crotte" dans le Nord, "pain à la romaine"... En Normandie on le flambe au pommeau, en Anjou au Cointreau...
Mais on trouve aussi ces cousins étrangers comme le "pain doré" au Canada, les "French toasts" pour les anglo-saxons, la "torrija" en Espagne, la "croûte dorée" en Suisse, "Armer Ritter" en Allemagne, ou les "rabanadas" de Noël au Portugal.
Plat ou dessert du pauvre, de nos jours, loin de nos recettes de famille ou de campagne, certains de nos grands chefs mettent le pain perdu au goût du jour avec des versions quasi de luxe où on est loin de la recette d'origine de récupération du vieux pain (quoi de plus paradoxale !) : Christophe Michalak : avec sa version briochée, André Gillard avec une version spéculoos, Alain Gillain pour une version aux pommes.... et bien d'autres.
Mais ici dans ce billet, pas d'innovation, pas de fantaisie, juste la recette de mon arrière grand-mère, de ma grand-mère, de ma mère et la mienne... soit le bon traditionnel et indémodable pain perdu, qu'à mon tour je passe à mes filles.
Pain perdu de Grand-mère
Ingrédients
du pain rasi (ici pour la quantité correspondant à un 1/2 pain)
3 oeufs
1/2 litre de lait entier
1 cuil à soupe de sucre vanillé
du beurre
du sucre
Couper le pain en tranches.
L'épaisseur est selon le goût,
comme base compter des tranches de 2 cm d'épaisseur plus ou moins.
Dans un bol, battre les oeufs à la fourchette,
ajouter le lait et la cuiller à soupe de sucre vanillé,
et bien mélanger.
Mettre le mélange dans un plat creux (type moule à tarte)
et répartir les morceaux de pain rasi.
Laisser les morceaux de pain bien s'imbiber en les retournant régulièrement.
Dès que les morceaux sont bien imbiber, faire chauffer une poêle.
Lorsque la poêle est bien chaude, mettre du beurre,
et sans laisser le beurre noircir, mettre de suite à cuire les morceaux de pain.
Les retourner pour les cuire des deux côtés.
Les mettre dans un plat et saupoudrer généreusement de sucre.
English version of recipe : Grand mother French_Toast
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